Sommaire
- Une estimation révisée par l’ADEME et l’Arcep
- Une hausse alarmante des émissions de gaz à effet de serre
- Une nouvelle répartition des catégories d’équipements
- Des chiffres pour 2022 : l’impact en hausse continue
- Impact des terminaux et des datacenters
- Des méthodes de calcul qui laissent place à des incertitudes
- Vers un avenir plus vert ?
Une estimation révisée par l’ADEME et l’Arcep
L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) ont récemment mis à jour leurs estimations sur l’empreinte carbone du numérique en France. Pourquoi cette réévaluation ? Tout simplement en intégrant les usages hébergés à l’étranger, une variable déterminante que les agences prenaient en compte jusqu’à présent sans en mesurer l’impact réel.
Une hausse alarmante des émissions de gaz à effet de serre
Cette mise à jour a conduit à une hausse significative de l’impact environnemental estimé du numérique. En effet, plus de 50% des usages français sont désormais hébergés dans des infrastructures situées à l’étranger, souvent alimentées par un mix énergétique moins favorable que celui du territoire. Les conséquences sont immédiates : les émissions de CO2e passent lors de cette étude de 2022 à 25 millions de tonnes, soit un bond de 47% par rapport aux estimations antérieures de 17,2 millions de tonnes.
Une nouvelle répartition des catégories d’équipements
L’analyse a également redéfini la répartition des sources des émissions :
- 54% proviennent des terminaux,
- 42% des datacenters,
- 4% des réseaux.
Cette révision (pour 2020) souligne un décalage important, illustrant le poids croissant des datacenters dans l’empreinte carbone globale.
Des chiffres pour 2022 : l’impact en hausse continue
Sur la même lancée, l’ADEME et l’Arcep ont aussi projeté les chiffres pour l’année 2022, qui révèlent des émissions estimées à 29,5 millions de tonnes CO2e. Cela constitue 4,4% de l’empreinte carbone totale de la France. La diminution notable de l’écart entre les terminaux (49,5%) et les datacenters (46,7%) indique une évolution majeure des pratiques numériques.
Impact des terminaux et des datacenters
L’analyse des terminaux repose sur plusieurs données : le nombre d’équipements, leur durée de vie. Par rapport à 2020, une augmentation à 13,3% des écrans OLED a été intégrée, témoignant d’une consommation croissante (2,4% en 2020). Les nouveaux casques VR, utilisés tant pour le personnel que pour le professionnel, ont également été pris en compte dans cette mise à jour.
En ce qui concerne les datacenters, l’étude s’appuie sur le modèle Masanet, qui offre des projections basées sur des données Cisco. Ce modèle a permis de prendre en compte l’évolution :
- +2 % de consommation électrique,
- -7 points de la part de consommation des datacenters traditionnels,
- +6 points de la part des datacenters hyperscale/High Performance Computing (HPC).
Des méthodes de calcul qui laissent place à des incertitudes
Les estimations actuelles s’appuient sur diverses hypothèses concernant la répartition des usages entre les différents types de datacenters. Les agences reconnaissent que des incertitudes persistent, notamment en ce qui concerne la surface totale des datacenters, des données qui datent de 2020 et semblent désormais obsolètes, selon les propres mots de L’ADEME et de l’Arcep .
Vers un avenir plus vert ?
En intégrant ces nouvelles données dans le débat sur l’impact environnemental du numérique, l’ADEME et l’Arcep invitent à une réflexion plus approfondie et engagée sur nos usages et leurs conséquences. Alors que le numérique continue de prendre de l’ampleur dans notre quotidien, il est essentiel de considérer son empreinte carbone pour mieux orienter les futures politiques écologiques.
La transition numérique devra également passer par une réduction de cet impact pour que le monde numérique s’inscrive dans une démarche de développement durable. Les prochaines étapes passeraient donc par une actualisation des infrastructures et des pratiques énergétiques du secteur.